Ce que mon engagement à changer m’a appris

La gratitude

Chère Année 2020,

Il ne reste que dix jours avant que tu tires ta révérence, et crois-moi, plusieurs se réjouissent à l’idée que ton règne s’achève. Avec la pandémie, tu nous as fait vivre des bouleversements qu’on ne pouvait imaginer. Toutefois, je m’en voudrais de te laisser partir sans t’exprimer ma profonde gratitude.

Quand je t’ai vue arriver, il y a un an, je te trouvais belle et fascinante : 2 – 0 – 2 – 0. Tu m’insufflais un élan de renouveau, comme si tes chiffres me racontaient l’histoire de notre famille : deux adultes et deux enfants se donnant tout l’espace dont ils ont besoin pour se réinventer. Tu étais remplie de promesses.

Le 1er janvier, au lieu de prendre une résolution que je n’allais pas tenir, j’ai choisi un mot qui allait guider mes pas tout au long de l’année : DISCIPLINE. Dans mon esprit, j’avais associé ce mot à l’autorité et à la rigidité. Mon objectif était de transformer ma perception pour que la discipline soit dorénavant intimement liée à la détermination, au courage, à la persévérance.

Selon mes plans, chère 2020, tu devais être MON année, celle où j’allais prendre mon envol à titre de conférencière. J’avais près de dix événements prévus entre janvier et juin, ce qui était un excellent départ. Je voulais également créer un nouveau site web pour présenter mes services.

Tu sais déjà à quel point je me suis effondrée de tristesse quand j’ai vu tous mes projets partir en fumée. À vrai dire, j’étais complètement désemparée. J’avais du mal à m’extirper de mon lit le matin. Mon âme était lourde, mon esprit, embrumé.

Après quelques jours de désespoir, mon engagement à la discipline m’est revenu en tête. C’est alors que je me suis dit : Qu’est-ce que je peux faire pour moi ? Par amour pour moi ? Sans réfléchir plus longuement, j’ai enfilé un short, un t-shirt et des souliers de course. J’ai descendu au sous-sol et glissé un vieux DVD d’entraînement dans la Xbox de mes enfants.

Un peu rouillée, sous le regard amusé de ma pré-ado et les encouragements exagérés de mon plus jeune, je me suis laissé aller au rythme de la musique. Pendant trente minutes, j’ai dansé à en prendre haleine. Le lendemain, j’ai recommencé, puis le surlendemain. J’ai tenu un rythme de quatre entraînements par semaine jusqu’à ce que dame nature me permette de courir et de rouler au soleil. L’impact sur mon moral et mon énergie a été phénoménal.

Avec les enfants et l’aide d’une travailleuse sociale (merci Maïté !), nous avons mis en place des routines claires pour les leçons, les jeux extérieurs, les écrans et la détente. Nous avons repensé le quotidien et redéfini les priorités de notre famille… L’excellence et la perfection ont été reléguées aux oubliettes.

Ensemble, nous avons choisi de vivre la sincérité, l’écoute et le plaisir. Petit à petit, les tensions ont diminué et nos relations sont devenues plus harmonieuses. C’est loin d’être toujours facile, mais le fait de connaître nos valeurs et d’avancer dans une direction commune donne un SENS, même aux moments les plus difficiles.

Sans toi, chère 2020, je doute que nous aurions eu le courage de réaligner notre vie de cette manière. Pour cela, je t’offre ma plus sincère gratitude.

Finalement, l’espace laissé par l’annulation de mes contrats m’a offert un temps précieux pour penser. En réalité, un seul engagement professionnel s’est maintenu : mon rôle d’animatrice des cellules de codéveloppement chez Femmessor. Au cours des premiers mois de la pandémie, alors que la majorité des commerces étaient fermés, j’ai accompagné des entrepreneures qui m’ont impressionnée par leur force, leur courage et leur résilience. La sincérité du lien qui s’est créé entre nous m’a convaincue d’explorer une nouvelle voie…

Et si ma mission professionnelle était d’accompagner les hommes et les femmes vers leur propre épanouissement professionnel. Et si mon rôle était de contribuer au développement de leaders empathiques, capables d’écouter leurs équipes et de créer des milieux de travail où règnent la collaboration et le plaisir. Les graines ont germé… et le 14 mai 2020, j’ai commencé ma formation de coach professionnelle. Dès la première séance, après avoir rencontré virtuellement la formatrice et mes collègues, j’ai eu la certitude d’être à ma place.

Cet automne, alors que je terminais une séance de coaching, j’ai ressenti une émotion très vive. En moi, résonnaient ces mots que je me suis empressée d’écrire, pour ne jamais les oublier :

Judith, tu fais ce pourquoi tu es née et rien n’est plus important que d’accomplir cette mission. Tu es née pour aider les gens à se voir tel qu’ils sont, sans se juger, et à s’aimer ainsi. Si tu peux aider d’autres personnes à avancer sur leur propre voie, c’est parce que tu as d’abord fait ce chemin pour toi.

Alors voilà, chère 2020, jamais je n’aurais pensé que la discipline, la persévérance et la détermination me conduiraient à une si grande transformation. Je te remercie et te rends grâce pour tout ce que tes embûches m’ont permis d’accomplir.

À tous ceux et celles qui ont souffert cette année, j’offre ma plus sincère compassion. Que la période des fêtes soit douce, lumineuse et ressourçante, malgré tout !

Avec tout mon amour,

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