Mes états

Mon enfant intérieur

Ce que j’ai fait de cette heure de lunch, je n’en ai pas la moindre idée. J’aime croire que je me suis promenée dans les sentiers entourant l’ancien couvent des Ursulines pour méditer, tout en m’imprégnant de la nature. Mais il est tout aussi probable que je me sois ruée vers la glacerie la plus proche en quête d’un grand cornet de crème glacée molle à la vanille. Après tout, n’avais-je pas reçu l’injonction de jouer ?

La séance de l’après-midi nous invitait à laisser renaître notre enfant intérieur, et pour ce faire, nous devions d’abord explorer les jardins en quête d’un objet symbolique nous reliant à lui. Je me rappelle m’être sentie inconfortable avec cet exercice. Je me disais : Qu’est-ce que je peux bien trouver dans ce jardin où il n’y a que des feuilles, des fleurs et des arbres ? D’ailleurs, les minutes s’écoulaient et je ne trouvais rien. Plus j’observais les alentours, épiant mes collègues au passage pour voir ce qu’ils avaient dénicher, plus je me sentais ridicule. Je devenais anxieuse à l’idée de ne pas trouver un objet assez intéressant, différent, surprenant… C’était bien moi, ça!
J’ai pris une pause pour me reconnecter à mon coeur en prenant de longues inspirations. Une fois apaisée, je me suis dirigée vers l’avant du bâtiment, du côté de la rue, où il n’y avait personne. Soudain, un bout de plastique rose pratiquement enfoncé dans le sol a attiré mon regard. Je me suis approchée et j’ai tendu la main vers une petite cuillère de poupée Corolle. Même aujourd’hui quand je repense à ce moment, je n’en reviens toujours pas… Comment cette cuillère avait-elle pu atterrir dans la cour des religieuses, où il n’y a jamais d’enfant ? J’étais stupéfaite et profondément émue. J’avais envie de rire et de pleurer en même temps. Ce symbole était si clair et si improbable que je ne pouvais plus douter de ma Foi en moi et en la Vie.
Je me suis dirigée vers le banc où j’avais laissé mon cahier de notes, en tenant ma petite cuillère bien serrée dans ma main gauche. De l’autre, j’ai saisi mon crayon pour laisser s’exprimer tout l’amour que je ressentais cette petite fille en moi.
Ma petite Judith d’amour, mon enfant intérieure chérie,
Je te vois telle que tu es. Je sais que tu as eu peur de la vie et de l’immense sentiment de solitude qui t’habitait. Je vois aussi que tu as soif de beauté, de grandeur et de pureté. Je ressens ton besoin de lenteur, d’oisiveté et de tranquillité. Comme tu aimerais prendre le temps de ne rien faire, mais il y a toujours du travail et des tâches à accomplir.
Ma chérie, je suis là ! Je prends soin de toi et je t’offre tout le temps dont tu as besoin pour grandir, t’accomplir, te réaliser pleinement et librement.
Je t’aime, je te chéris même, car maintenant que je suis dans cette relation d’intimité avec toi, je serai mieux à même d’aimer l’enfant intérieur de Jean-François, de Sophianne et de Loïc.
Merci pour cette petite cuillère rose! Je la garderai très précieusement puisqu’elle me rappellera de jouer à chaque instant, de m’amuser, bref, de profiter de chaque seconde de ma Vie, le plus grand cadeau que j’aie reçu.
Je reconnais ta Vulnérabilité, ton humanité et ta force. Affirme-toi ! Va de l’avant sans avoir peur ! Je serai toujours là pour toi.
Judith
Vous ne me croirez peut-être pas, mais j’ai commencé à écrire ce texte le 4 juillet 2019. Comme vous pouvez le constater, il m’a fallu plus d’un an pour le compléter… J’avais besoin d’intégrer cette expérience spirituelle avant de la partager. Je devais l’assumer pleinement et apporter les changements nécessaires dans ma vie. Maintenant que je me sens en cohérence avec mes valeurs, tant dans ma vie personnelle que professionnelle, je me sens libre de vous l’offrir.
D’ailleurs, mon 28 juin 2019 ne s’est pas terminé de cette manière et je vous promets la suite pour très bientôt…

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